En Isère, Sarkozy rend hommage aux soldats français tués en Afghanistan
by Benoit Pavan
INTERNATIONAL – Le chef de l’État a présidé ce mercredi une cérémonie nationale à Varces (Isère), ville de garnison de trois des quatre militaires tués en Afghanistan le 20 janvier.
Varces (Isère), envoyé spécial.
Au lendemain de l’hommage citoyen rendu sur le Pont Alexandre III, à Paris, Nicolas Sarkozy a présidé mercredi 25 janvier une cérémonie nationale au 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces (Isère), ville de garnison de trois des quatre militaires français tués le 20 janvier en Afghanistan. Un hommage sobre au cours duquel le chef de l’État a souligné le « sacrifice » des quatre soldats, victimes d’un « drame qui endeuille les familles françaises et qui cherche à fragiliser la collaboration engagée par nos deux pays (la France et l’Afghanistan) au service de la paix. »
Au pied du Vercors, sur la place d’armes d’un quartier de cette caserne située à 20 kilomètres au sud de Grenoble, quelque 500 militaires des troupes de montagnes, mais aussi une foule conséquente d’anonymes, s’étaient rassemblés pour assister à l’éloge funèbre. Le chef de l’État a décoré à titre posthume les soldats des insignes de chevalier de la Légion d’honneur puis s’est entretenu à huis clos avec leurs familles. Les quatre hommes avaient été abattus lors d’une attaque perpétrée sur la base militaire de Gwan, dans la province de Kapisa, par un taliban infiltré de longue date dans l’armée afghane.
« VICTIMES DU PLUS LÂCHE DES CRIMES ».
« Nos soldats sont tombés en Afghanistan, victimes du plus lâche des crimes, alors qu’ils se trouvaient désarmés », a rappelé M. Sarkozy, l’air grave, amorçant une allocution solennelle d’une dizaine de minutes. « Ils ont été tués pour le courage, pour l’aide et pour l’espoir qu’ils apportent aux Afghans qui luttent pour la paix et la stabilité de cette région dans le monde », a-t-il ajouté, s’adressant aux proches des militaires qui avaient pris place sous un chapiteau, face aux cercueils, à l’abri des regards. « Ne nous trompons pas de colère, ne nous laissons pas aveugler par la douleur, si vive soit-elle », a toutefois insisté le chef de l’État, les traits du visages durcis par le froid. « L’ennemi, aujourd’hui, c’est une fois encore le terrorisme. Prenant le visage de nos alliés, sous les dehors de l’armée régulière, il a voulu frapper à travers la France l’idée même de liberté. »
Dans les heures qui ont suivi le drame, M. Sarkozy avait un court instant envisagé d’anticiper le retrait de l’armée française, avant de se raviser. Mercredi 25 janvier, il a réaffirmé la présence de l’armée française en Afghanistan. « Nous ne nous laisserons pas impressionner par cette barbarie et cet obscurantisme d’un autre âge qui, bien au contraire, nous renforcent dans notre détermination à œuvrer pour la paix en Afghanistan », a-t-il martelé. Le chef de l’État doit s’entretenir à ce sujet avec le président afghan Hamid Karzaï, vendredi 27 janvier, à l’Élysée.
Benoit Pavan
(Photo : D.R.).
Légende photo : Nicolas Sarkozy se recueille devant les dépouilles des soldats, le 25 janvier, à Varces.
Publié le 25 janvier 2012 sur le site web du quotidien Le Monde.
