François Hollande : « il ne faut pas confondre un pays avec ses dirigeants »

by Benoit Pavan

POLITIQUE – À Grenoble, le candidat du PS a lancé quelques flèches de plus en direction de Nicolas Sarkozy vendredi 27 janvier.

Il a fait son entrée sous les applaudissements nourris d’une salle presque entièrement acquise à sa cause, au premier rang de laquelle avaient pris place les principaux élus socialistes locaux. Il flottait comme un air de meeting de campagne ce vendredi après-midi dans le Grand Théâtre de la maison de la culture de Grenoble (MC2), où le thème de la république fait jusqu’à dimanche l’objet d’un forum et d’une pléiade de débats organisés par Libération et Marianne.

Éducation, régulation bancaire, décentralisation, fiscalité… Invité à s’exprimer sur ses intentions républicaines pour la France, François Hollande s’est appliqué pendant près de deux heures à développer quelques-uns des thèmes qui constituent l’essence de son programme, présenté jeudi 26 janvier. « La campagne va être longue. L’élection n’est pas jouée, il faut calmer l’ambiance », a d’abord souligné M. Hollande, sourire aux lèvres, comme pour tempérer la vague croissante d’enthousiasme née cette semaine dans ses rangs suite à son discours du Bourget. Allusion donc à ceux qui le voient déjà à l’Élysée.

« Je veux rester parmi les Français ».

Lorsque l’occasion s’est présentée, l’ex-premier secrétaire du parti socialiste n’a pas manqué, parfois non sans humour, de tacler la politique de Nicolas Sarkozy, dont une fois de plus, il n’a jamais prononcé le nom. « Il ne faut pas confondre un pays avec ses dirigeants. D’ailleurs, la France ne se confond pas avec ses dirigeants actuels », a-t-il doucement glissé avec ironie, dans un éclat de rire général, alors qu’il était interrogé sur sa vision des relations franco-allemandes.

François Hollande l’a une nouvelle fois rappelé. Il veut être un président « normal », à la tête d’un État « facteur d’unité et non de trouble, ni de divisions ». « J’ai une conception de la présidence différente de celle démontrée actuellement. Il y a une attitude à avoir pour que les citoyens se reconnaissent. Je veux rester parmi les Français », a-t-il ajouté. Sur le volet de l’éducation, thème largement abordé au cours du débat grenoblois, le candidat socialiste a notamment promis le retour de la formation des enseignants et la création de postes. Ils seront injectés « en priorité dans le primaire, là où se forme l’avenir des jeunes ». « Il est particulièrement difficile d’enseigner sans enseignants. C’est un peu comme présider sans président », a-t-il commenté.

Benoit Pavan (correspondant à Grenoble)

(Photo : D.R.).

Légende photo :  François Hollande le 27 janvier, à Grenoble.

Publié le 27 janvier 2012 sur le site web du quotidien Le Monde.

Lien web : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/breve/2012/01/27/hollande-a-grenoble-il-ne-faut-pas-confondre-un-pays-avec-ses-dirigeants_1635766_1471069.html