Le mari de Jeannie Longo nie avoir importé de l’EPO


JUSTICE – La garde à vue de Patrice Ciprelli, époux et entraîneur de la championne cycliste, a été prolongée jeudi 9 février. Il est interrogé suite l’ouverture d’une enquête préliminaire pour présomption d’achat de produit dopant.

Grenoble, correspondant.

C’est un rebondissement significatif dans une affaire dont les soubresauts successifs n’ont cessé, depuis la fin de l’été, de susciter les interrogations au sujet du couple le plus singulier du cyclisme hexagonal, Jeannie Longo et Patrice Ciprelli.

L’entraîneur et époux de l’indétrônable championne cycliste, âgée de 53 ans, a été placé en garde à vue mercredi 8 février afin d’être interrogé dans le cadre d’une enquête préliminaire diligentée par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP). Celle-ci avait été ouverte par le parquet de Grenoble le 14 septembre 2011 suite à la révélation, un jour plus tôt dans la presse, de l’importation présumée par l’intéressé d’un produit dopant via internet, en 2007.

Dévoilés ce mercredi – par le quotidien sportif L’Équipe sur son site web -, les premiers éléments issus des investigations menées par l’Oclaesp pour vérifier l’existence de la transaction et l’identité de ses protagonistes attesteraient également d’« au moins cinq [autres] opérations suspectes » survenues entre 2010 et 2011. Des factures « de 500 euros environs » correspondant à deux d’entre-elles auraient permis aux gendarmes d’identifier un compte bancaire appartenant à M. Ciprelli, de même que l’objet précis des transactions, de l’EPO première génération. Selon ses avocats, Patrice Ciprelli a contesté les faits qui lui sont reprochés devant les enquêteurs, s’estimant « victime d’un piratage informatique et de prélèvements frauduleux sur sa carte bancaire », a précisé au Monde Me Bruno Ravaz.

L’un des plus proches amis de Patrice Ciprelli, le patron grenoblois de l’équipe de France de ski cross Michel Lucatelli, a également été interpellé ce 8 février tandis que des perquisitions étaient menées au domicile du couple, situé à Saint-Martin-le-Vinoux (Isère), sur les hauteurs de Grenoble. La garde à vue des deux hommes a été prolongée de vingt-quatre heures supplémentaires mercredi soir. Leur audition était toujours en cours ce jeudi matin.

« [Ils] sont entendus sur des faits de contrebande de marchandises dangereuses pour la santé, infraction aux règlements sur le commerce de substances vénéneuses, [et] importation de substances ou de procédés interdits aux fins d’usage par un sportif sans justification médicale », a précisé dans un communiqué Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Grenoble. « M. Ciprelli avait demandé à être entendu lorsque l’enquête a débuté, mais son audition n’a jamais eu lieu. Cette mesure de garde-à-vue est excessive et théâtrale », a commenté Me Ravaz.

« Combative ».

Suspendu à titre conservatoire le 13 septembre par la Fédération Française de Cyclisme (FFC), Patrice Ciprelli avait récupéré sa licence d’entraîneur un peu plus d’un mois après, le 26 octobre, suite au dépôt par ses avocats d’un référé devant le tribunal administratif de Grenoble. Dans un communiqué, le Ministre des Sports David Douillet «  a pris acte de ces interpellations » et a assuré que « des mesures conservatoires appropriées » seraient prises « si les faits sont confirmés par la procédure en cours ». De son côté, l’Union cycliste internationale (UCI) a fait part de son intention « d’intervenir dans le dossier ».

À cinq mois de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, ce nouvel épisode judiciaire pose la question de la participation à l’épreuve de Jeannie Longo, qu’aucun élément ne permet à ce jour de mêler à l’affaire. Présente lors de l’interpellation de son conjoint à leur appartement de l’Alpe d’Huez (Isère), Mme Longo, « affectée mais combative », selon ses avocats, a été longuement auditionnée, mercredi, en tant que témoin volontaire. Suspectée d’avoir enfreint à trois reprises au cours des dix-huit dernier mois les règles de localisation de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), elle avait été blanchie le 15 décembre dernier.

Benoit Pavan

(Photo : AFP).

Légende photo : Jeannie Longo et Patrice Ciprelli, en 1989, lors des Championnats du monde à Lyon.

Publié dans l’édition du 10 février 2012 du quotidien Le Monde.

L’article en PDF : Le mari de Jeannie Longo nie avoir importé de l’EPO

Publié le 9 février 2012 sur le site web du quotidien Le Monde.

Lien web : http://www.lemonde.fr/sport/article/2012/02/09/le-mari-de-jeannie-longo-nie-avoir-importe-de-l-epo_1641144_3242.html

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