CINÉMA – Thomas Vinterberg affirme avoir renoué avec "l’authenticité" de ses débuts au travers de Jagten, son dernier film. Allusion aux préceptes esthétiques et sonores qui ont conduit à la création du "Dogma95" et dont le réalisateur danois s’était tenu éloigné.
La conception d’un cinéma sans artifices n’a cessé de constituer l’une des préoccupations majeures de l’œuvre de Thomas Vinterberg. Évoquer en ces termes l’un des principaux axes du travail du réalisateur danois relève même de l’euphémisme. C’est dans cette logique qu’en 1995, il a co-fondé avec Lars Von Trier le "Dogma 95", ensemble de principes cinématographiques indissociables, selon ses signataires, à un retour du cinéma sur les sentiers de sa "pureté originelle".
Pour les instigateurs du Dogme, ce renvoi à plus de sobriété passe alors notamment par l’allégement des moyens techniques et par un tournage en caméras portées, au sein de décors et d’éclairages naturels. À l’époque, le Dogme se veut une réponse à la vague d’effets spéciaux qui déferle sur les productions hollywoodiennes. Festen, le second long-métrage de Vinterberg, s’inscrit dans cette tradition. "Je suis en recherche permanente de cette vulnérabilité dont était empreint mon tout premier film (Last Round, 1993). Après Festen (Prix du Jury en 1998), je me suis forcé à me renouveler, ce qui m’a contraint à m’en éloigner. Ce fut assez douloureux", explique Vinterberg.
Le dérèglement des relations humaines sont des pistes de réflexion chères à Thomas Vinterberg. Festen tissait son intrigue autour des lourds secrets d’une riche famille danoise. Dans Jagten, le cinéaste décortique la manière avec laquelle un ragot se métamorphose en vérité. L’occasion pour lui de se pencher sur la fragilité d’une communauté face à sa puissance destructrice.
Benoit Pavan
(Photo : D.R.).
Légende photo : Mads Mikkelsen, prix d’interprétation masculine, campe un père de famille brisé par une chasse aux sorcières.
Publié le 20 mai 2012 sur le site internet officiel du Festival de Cannes.
Lien web : http://www.festival-cannes.com/fr/theDailyArticle/59246.html
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